Pour illustrer « ville contre nature », il fallait une image.
Référence évidente à un film hollywoodien culte, elle révèle une dame nature dans les bras du colosse urbain.
À l’époque du film, le colosse incarnait la nature sauvage, parfois hostile, que la civilisation cherchait à tout prix à dompter, et qui s’avèrera incapable de trouver sa place dans la ville moderne.
Aujourd’hui, les choses se sont inversées. Le colosse est désormais urbain ; l’univers naturel est fragile, au point, visiblement, d’être l’objet de la plus grande attention. Reflet d’enjeux majeurs pour nos sociétés contemporaines.
Mais quelle histoire, cette image raconte-t-elle ? Est-ce l’heure du dernier adieu, quand il faut bien se rendre à l’évidence qu’il est malheureusement trop tard ? Ou est-ce l’heure des retrouvailles, de la réconciliation, à l’aube d’une nouvelle alliance ?
Le cinéma s’est régulièrement inspiré de la relation entre ville et nature. Il révèle ainsi sur nos écrans tantôt une ville moderne et émancipatrice, tantôt une mégalopole asphyxiante et oppressante. Quant à la nature, hostile et sauvage, elle est aussi le lieu de nouvelles ressources, de nouvelles valeurs.
Alors, ville contre nature ? Une « déviance » au regard des réalités environnementales d’aujourd’hui ? Ou contre, dans le sens de « tout contre », « tout près », pour une ville attentive et prévenante ?
Avec 80 films présentés (fictions et documentaires), une trentaine d’invités, cinéastes, critiques, architectes, paysagistes, Image de ville 2006 apporte sa contribution culturelle à ce débat sur un enjeu capital de civilisation.
