Il aura suffi de six longs-métrages à Jacques Tati pour dresser le portrait de la France des Trente Glorieuses et de l’avènement de la société urbaine. Tout y passe : le travail, les loisirs, l’automobile. Et bien sûr, le cadre de vie. Qu’il s’agisse de l’espace domestique, de l’usine, des bureaux ou des espaces publics.
Entre la maison Arpel dans Mon oncle (1958), où dixit Mme Arpel, « ça fait vide mais c’est moderne, tout communique ! » et la « Tativille » de Playtime (1967), préfiguration cinématographique à quelques années près du quartier de la Défense, qu’est-ce que Jacques Tati regarde, raconte et donne à voir de l’architecture et de notre société urbaine contemporaines en devenir accéléré ? Sans oublier, que pour Tati, sportif depuis sa jeunesse et passionné par le burlesque muet et le cirque, tout se joue à l’échelle des corps, de leur expression plus ou moins contrainte.
