Le Stade Nautique saisit d’emblée par la puissance et l’évidence du geste brutaliste des architectes Remondet et Conil : l’épure formelle du bâtiment en ellipse, la force sculpturale du plongeoir, l’ouverture sur le ciel, le traitement quasi monochrome avec le gris du béton, la présence du bleu partout de l’eau au ciel. La circulation des corps dans ce vaste espace, le plaisir de nager invite de plonger à son tour.
« Dès de ma première visite, on m’a parlé des différentes vies du Stade nautique, de sa construction à la fin des années 60, de son ouverture estivale pendant 40 ans, de son abandon pendant 10 ans, de sa rénovation et de sa réouverture à l’année en 2019. Étant donnée la clarté d’usage d’une piscine et la puissance architecturale de ce site, j’ai eu envie de faire un film épuré en mêlant photographies d’archives, plans originaux des architectes Remondet et Conil, prises de vue vidéo actuelle, création musicale et voix off. Images et sons s’articulent et font le récit des vies et de la renaissance du Stade Nautique. Les corps des nageuses et nageurs sont présents, en action, et se passent de commentaires. Le béton et l’eau sont mis en valeur ainsi que les deux couleurs dominantes : le gris et le bleu. Il me semblait fort et important de donner à voir comment ce bâtiment — grâce à la qualité de sa rénovation — a su traverser le temps et s’offrir toujours aux éléments à l’eau, au vent. »
Émilie Aussel



