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18e Ă©dition / 15 - 25 oct. 2020

Si cette annĂ©e, le festival inaugure un nouveau calendrier, contribuant ainsi aux JournĂ©es nationales d’architecture (16, 17 et 18 octobre), cette Ă©dition 2020 restera, jusqu’au dernier moment, fragile et incertaine.

Pour autant, il Ă©tait Ă©vident que, dans la mesure du possible et du raisonnable, cette Ă©dition devait se tenir. Un Ă©vĂ©nement planĂ©taire inĂ©dit a affectĂ© chacune et chacun de nous ; nos Ă©quilibres, nos relations et nos modes de vie continuent d’ĂȘtre perturbĂ©s ; la question du modĂšle dominant de dĂ©veloppement urbain est posĂ©e. Qu’en est-il alors de notre condition d’Homo Urbanus ?

 

Cette dix-huitiĂšme Ă©dition s’ouvre par un dialogue inĂ©dit entre les cinĂ©astes Ila Beka et Louise Lemoine et les philosophes Michel Lussault et Thierry Paquot. Les premiers invitent Ă  partager leur odyssĂ©e cinĂ©matographique dans 10 villes du monde et les seconds prĂ©sentent trois rendez-vous sur le devenir de notre civilisation urbaine, des assemblĂ©es Ă©phĂ©mĂšres cĂ©lĂ©brant le gai savoir urbain. Le gĂ©ographe Alfonso Pinto questionne le cinĂ©ma quand il raconte la catastrophe. Les cinĂ©astes Elise Girard et Emmanuel Mouret revisitent le goĂ»t d’Eric Rohmer pour l’architecture et la ville. Les Ă©crans L’esprit de la ville, GĂ©nie des lieux, Terrestre et HospitalitĂ©(s) complĂštent ce programme 2020.

 

Cette Ă©dition se dĂ©roulera dans des conditions singuliĂšres (un public limitĂ© et masquĂ©, un programme uniquement sous forme numĂ©rique, des mesures sanitaires strictes
), avec le risque de modifications de derniĂšre minute. Cependant, elle traduit une conviction. Faire confiance au geste cinĂ©matographique, inviter Ă  « regarder ensemble », faire en sorte que la parole circule, que des dĂ©bats se tiennent et que des rencontres adviennent, demeure une proposition encore plus essentielle dans ce contexte si particulier.

 

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Comment le cinĂ©ma se saisit de l’ñme d’une ville, cet esprit, cette “couleur” qui la rend unique, reconnaissable parmi les autres ? Comment Ă©pouse-t-il ses mouvements, ses soulĂšvements et ses effondrements ? Comment constitue-t-il une expĂ©rience de la ville singuliĂšre ? Si cet Ă©cran Ă©tait consacrĂ© en 2019 Ă  la ville de Rome, il s'ouvre cette annĂ©e, Ă  l'occasion des JournĂ©es Nationales d'Architecture, Ă  "ce qui fait ville".

Qu’il s’agisse d’une rue, d’une place ou d’un territoire plus vaste, d’un bĂątiment apparemment banal ou d’architecture remarquable, le cinĂ©ma rĂ©vĂšle l'insoupçonnĂ©Ì. Il dĂ©voile des pratiques et des usages loin des scĂ©narios officiels, donne Ă  voir et Ă  entendre une mĂ©moire, des mouvements... le gĂ©nie de celles et ceux qui y vivent. Dans cet Ă©cran qui s’intĂ©resse aux lieux, nous aborderons la question de l’habiter Ă  travers les notions d’espace public et d’espace privĂ©.

Effondrement, destruction, disparition... La catastrophe Ă©cologique est lĂ . Un nouveau monde est dĂ©sormais Ă  dĂ©crire. Imaginer, Ă©prouver, enquĂȘter. Ecouter d'autres voix, faire advenir d'autres prĂ©sences et des relations renouvelĂ©es au monde et Ă  autrui.

Avec la “crise migratoire contemporaine”, les rĂ©cits du dĂ©sastre, trop souvent rĂ©pĂ©tĂ©s, accablent et tĂ©tanisent, nourrissant le sentiment d’une impuissance qui isole et Ă©loigne. L’heure est Ă  questionner ces reprĂ©sentations, proposer d’autres rĂ©cits pour Ă©toffer les rĂ©ponses Ă  apporter.

Il y a vingt ans paraissait le livre de Thierry Paquot et Michel Lussault, La ville et l’urbain, l’état des savoirs (La DĂ©couverte, 2000). Depuis, le monde, la sociĂ©tĂ©, ses valeurs, et bien sĂ»r la ville ont connu d’importantes mutations. Les deux auteurs ont dĂ©cidĂ© de revisiter de fond en comble cet Ă©tat des savoirs pour une nouvelle Ă©dition Ă  paraĂźtre en 2021. Image de ville a proposĂ© au gĂ©ographe et au philosophe de profiter de l’édition 2020 du festival pour, en une sorte d’universitĂ© populaire provisoire, rendre publique ce « livre en chantier ». Des personnalitĂ©s de multiples horizons participent aux discussions autour des thĂšmes qui structureront le livre. Accueillies par le MusĂ©e d'histoire de Marseille, les trois « assemblĂ©es Ă©phĂ©mĂšres » d'Au Gai savoir urbain abordent, Ă  l'occasion des JournĂ©es Nationales d’Architecture 2020, trois questions majeures de notre condition et de notre devenir urbains.

Rarement l'oeuvre d'un cinéaste aura révélé un goût aussi affirmé pour la question de la ville et de l'architecture. 10 ans aprÚs la disparition d'Eric Rohmer, Image de ville pose la question de ce que son cinéma a donné à voir et de l'héritage qu'il peut constituer pour des cinéastes contemporains. Elise Girard et Emmanuel Mouret sont invités à présenter un film d'Eric Rohmer, en miroir d'un des leurs. Cette programmation se poursuivra au-delà du festival en invitant d'autres cinéastes (Guillaume Brac, Valérie Donzelli
), des architectes, des critiques...

VidĂ©o-artistes, rĂ©alisateurs, producteurs et Ă©diteurs, Ila BĂȘka et Louise Lemoine travaillent ensemble depuis 15 ans en concentrant principalement leurs recherches sur l'expĂ©rimentation de nouvelles formes narratives et cinĂ©matographiques en relation avec l'architecture contemporaine et l'environnement urbain. En 2014, le festival Image de ville accueillait pour la premiĂšre fois les cinĂ©astes autour de diffĂ©rents films consacrĂ©s Ă  l'architecture contemporaine, Gehry's Vertigo (2011) et La Maddalena (2014). L'expĂ©rience du vide (2014), rĂ©alisĂ© Ă  l'invitation de l'architecte Alain Moatti et consacrĂ© Ă  la rĂ©novation du premier Ă©tage de la Tour Eiffel Ă©tait prĂ©sentĂ© en avant-premiĂšre. Tout en prĂ©sentant quatre films sur diffĂ©rents bĂątiments d'architecture (dont le film "inaugural" Koolhaas Houselife - 2008), le festival prĂ©sente, sous une forme exposĂ©e, la "collection - odyssĂ©e" consacrĂ©e Ă  notre condition urbaine.

« L'AnthropocĂšne, ce nouvel Ăąge gĂ©ologique, se caractĂ©rise entre autres par une composante esthĂ©tique. Avant tout, c'est notre image du monde qui est en train de se modifier. À ce sujet le rĂŽle des images est crucial. Pour ce qui concerne le cinĂ©ma, les rapports entre l'homme et la planĂšte traversent les diffĂ©rents codes gĂ©nĂ©riques et esthĂ©tiques en permettant une rĂ©flexion approfondie englobant les noyaux mĂȘmes de nos sociĂ©tĂ©s urbaines et industrielles. Si l'AnthropocĂšne n'est pas porteur de bonheur, les imaginaires des catastrophes - thĂšme toujours trĂšs cher au cinĂ©ma -, vont occuper un rĂŽle inĂ©dit. Il ne s'agit plus seulement de comprendre notre monde Ă  travers ses reprĂ©sentations, mais aussi et surtout de dĂ©velopper des nouvelles grilles interprĂ©tatives capables de mieux s'ancrer au rĂ©el. » Dans son travail de thĂšse, Alfonso Pinto - gĂ©ographe et membre de l’Ecole Urbaine de Lyon - s’est interrogĂ© sur la capacitĂ©Ì de ces films de constituer un nouveau rĂ©gime de visibilitĂ© de l’urbain. Ce cycle propose une sĂ©lection de films qui tĂ©moignent des changements en cours et des perspectives qui nous attendent.